La tribune libre de Jean-Claude Brunier, Pdg de TAB Rail Road & T3M

BY Jean-Claude Brunier, paru dans L'Officiel des Transporteurs n° 2879 du 12 mai 2017 LE 23/05/2017
Les propositions du président Macron pour une logistique plus verte : soutiendra-t-il le transport combiné rail-route ?

Les propositions du Président Macron pour une logistique plus verte : soutiendra-t-il le transport combiné rail-route ?

 

Les transports n’ont jamais fait partie des priorités d’une campagne présidentielle. Pourtant, le programme d’Emmanuel Macron s’est intéressé à ces problématiques, prônant la nécessité d’une modernisation des transports pour rendre les territoires plus compétitifs, et celle de soutenir le développement de transports plus propres. Deux propositions que portent depuis longtemps les acteurs du transport combiné Rail-Route (TCRR).

Le transport combiné Rail-Route à la marge des préoccupations politiques

Car oui, la technique du transport combiné ne manque pas d'atouts. Depuis sa création il y a près de 90 ans, le TCRR reste l’un des modes de transport les plus « verts », contribuant largement au désengorgement des grands axes routiers et autoroutiers. Des avantages notables, que nos politiciens semblaient jusque-là délaisser.

Il faut dire qu’en tout temps, les choix gouvernementaux n’ont été que peu favorables à la technique du transport combiné, la pénalisant de manière récurrente. Avant même d’évoquer l’état désastreux des infrastructures ferroviaires et l’augmentation croissante du prix des sillons depuis la libéralisation du fret, pensons à tous ces coups de pouces avortés qui nous mettent aujourd’hui dans la difficulté. A l’encontre de toutes règles de bienséance économique, le gouvernement Français a finalement choisi l’abandon de l’écotaxe. Sur les routes, il a préféré la généralisation du 44T, accordant ainsi une plus grande compétitivité au transport routier, mais nous privant de facto de cet avantage concurrentiel. Petit à petit, le prix du pétrole n’a cessé de décroître, diminuant ainsi l’avantage acquis au Fret Ferroviaire et au TCRR.

Gouvernement Macron : un pas vers une logistique vertueuse ?

Face à cette incompréhensible attitude, nous avons longtemps tiré la sonnette d’alarme. L’avenir de notre industrie se tourne désormais vers la rationalisation énergétique, ce qu’Emmanuel Macron semble avoir compris. Alors que les objectifs de la COP 21 nous engagent à réduire nos émissions de gaz à effet de serre, notre nouveau Chef d’Etat a pris position pour accélérer la transition vers une mobilité durable en modernisant les infrastructures existantes et en soutenant la transition vers un parc automobile propre. Ces propositions trouvent toute leur logique dans la généralisation du Transport Combiné Rail Route. Chaque année, ce mode de transport permet d’économiser environ 1,2 millions de tonnes de CO2, et reste l’un des modes de déplacement les plus vertueux. Par ailleurs, avec l’arrivée du BioGNV au premier et dernier kilomètre routier, le transport combiné est désormais l’alternative la plus pertinente qui existe sur le marché avec un transport terrestre en longue distance décarboné. Mais comment agir ?

Pour aller plus loin : productivité, performance et bon sens au cœur du plan d’action

Oui, s’appuyer sur un réseau de qualité est indispensable pour concourir à la bonne réalisation de nos missions, c’est pourquoi en plus du plan d’urgence envisagé pour les investissements de rénovation du rail, nous proposons le développement de partenariats entre les opérateurs du TCRR et les pouvoirs publics, afin de moderniser les infrastructures actuelles en particulier pour les terminaux. Dans cette même logique de performance, nous sommes convaincus que la généralisation de l’utilisation de trains longs de 850m sur le réseau national, permettrait un gain de productivité de plus de 10%, tout en consommant moins de CO2 et moins d’énergie. Mais au-delà, ce dont notre industrie a particulièrement besoin, c’est de retrouver un peu de bon sens.

Plutôt que de remettre continuellement en question les subventions liées au TCRR, telle que l’aide au coup de pince, pourquoi ne pas prendre en compte son activité en valorisant la tonne de CO2 économisée par rapport à la route pour chaque voyage ? Quant à cette inflation ferroviaire qui plombe le coût des sillons et qui n’a aucune réalité économique, il serait grand temps de la supprimer.

Cher Président, nous ne sommes qu’à un pas d’adopter une logistique plus propre et c’est avec beaucoup d’espoir que nous accueillons vos initiatives. A l’ère du bas carbone, vos mesures pourraient permettre de relancer le fret ferroviaire et particulièrement le TCRR. Allez-vous enfin reconnaître que notre industrie est une pièce maîtresse de ce grand changement ?

 

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Jean-Claude Brunier, paru dans L'Officiel des Transporteurs n° 2879 du 12 mai 2017
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